About This Course
La
Gestion Actif-Passif (ALM) est le pilotage stratégique du bilan d'une institution financière (banque ou assurance). Son rôle est de gérer les risques financiers découlant des décalages entre les caractéristiques des actifs (ce que l'on possède, comme les prêts) et des passifs (ce que l'on doit, comme les dépôts).
Elle s'articule autour de trois piliers majeurs :
- Le risque de taux : C'est le risque qu'une variation des taux de marché vienne réduire la marge d'intérêt. L'ALM analyse si les ressources à taux variable financent des emplois à taux fixe, créant une exposition dangereuse.
- Le risque de liquidité : L'objectif est de s'assurer que l'institution dispose de suffisamment de cash pour honorer ses engagements à tout moment, même en cas de crise (retraits massifs).
- La rentabilité et la solvabilité : L'ALM cherche le meilleur compromis entre la sécurité (respect des ratios réglementaires comme LCR ou NSFR sous Bâle III) et la performance financière.
Pour piloter ces risques, les gestionnaires utilisent des outils appelés "Gaps" (impasses). On calcule, pour chaque échéance (1 mois, 1 an, 10 ans), la différence entre les stocks d'actifs et de passifs. Si le gap est négatif, l'institution est exposée. Elle peut alors corriger sa trajectoire via des décisions commerciales (modifier les taux des prêts) ou des produits dérivés (swaps de taux).
En résumé, l'ALM est le "tableau de bord" qui permet de stabiliser les revenus d'une banque face aux chocs économiques tout en garantissant sa survie à long terme.